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L'essence de la voie vers l'éveil 2ieme partie

Mis à jour : 29 sept. 2019


La Moyenne capacité

Une fois nés en nous la motivation et l'effort constants à œuvrer à obtenir une renaissance supérieure par la pratique de la petite capacité, nous devons maintenant viser plus : l'obtention d'un état sans souffrance, libéré des afflictions mentales et émotions négatives : le Nirvana.

Développer l'aspiration d'atteindre le Nirvana

Renonciation aux royaumes supérieurs

Les royaumes supérieurs sont ceux des humains, des demi-dieux et des dieux (qui se manifestent dans le royaume du désir, dans le royaume de la forme ou dans le royaume sans forme).

Or, il est important de réaliser que chacun de ces royaumes comporte son lot de souffrances. Les souffrances des enfers chauds et froids sont insoutenables. Certaines personnes douées de facultés particulières peuvent percevoir ces enfers qui sont au nombre d'une vingtaine. Les souffrances endurées par les esprits avides sont aussi effroyables, alors que celles des animaux sont absolument accablantes.

Quant à l'être humain, il ne peut laisser sa main au-dessus d'une flamme, ne serait-ce que quelques secondes, sans ressentir une grande douleur. En hiver, nous ne pouvons rester dans le froid plus que quelques minutes. Passer une seule journée sans boire ni manger représente une grande difficulté, et une simple piqûre d'abeille peut être un supplice.

Comment serions-nous alors capables de supporter la chaleur ou le froid des enfers pendant des milliers d'années comme le font les êtres qui y sont, comme l'a indiqué le Bouddha, aussi nombreux que les grains de sable compris dans tous les océans ? Comment pourrions-nous endurer, pendant des centaines d'années, l'angoisse profonde de l'incapacité d'assouvir notre faim ou notre soif comme le ressentent les esprits avides dont le nombre, comme l'a indiqué le Bouddha, est égal à la quantité des grains de sable contenus dans tous les lacs et les rivières ? Comment tolérer les horreurs de l'existence animale qui, à bien des points de vue, est atroce, ceux-ci étant des milliards à devoir les vivre?

Méditer sur ces aspects du samsara provoque la terreur et l'appréhension, mais permet d'abandonner les causes d'une renaissance inférieure que sont les actions négatives du corps, de la parole et de l'esprit. On doit, de plus, cultiver les causes d'une renaissance supérieure: la compassion et les qualités vertueuses. Ces méthodes permettent de barrer la route aux renaissances inférieurs.

L'ignorance est la cause des actions négatives, et les actions négatives renforcent l'ignorance. Lama Samten explique que notre nature de bouddha, commune à tous les êtres, est comme le ciel bleu où  brille le soleil. Nos actions négatives agissent comme un écran, un brouillard, un voile dans notre esprit, un peu comme les nuages qui nous empêchent de voir le ciel bleu. Notre nature de bouddha n'est jamais souillée, seul l'esprit de chaque être peut l'être. C'est pourquoi la purification occupe une place prépondérante dans la pratique du bouddhisme. Ces purifications agissent comme un nettoyage de l'intérieur, comme quand on fait le ménage de la maison régulièrement pour éviter que la poussière s'accumule et rende l'entreprise plus difficile par la suite.

En plus des différents rituels, parfois très élaborés, qui permettent de se nettoyer graduellement, on peut aussi utiliser les prosternations qui servent à purifier les actions négatives du corps, les mantras qui permettent de purifier celles de la parole et les offrandes qui purifient les actions négatives de l'esprit.

Tous les êtres commettent des actes qui les amènent à souffrir et à causer de la souffrance. Quand ces influences les dirigent, il leur est impossible de reconnaître leur état et de s'en libérer. N'ayant d'autre choix que de subir leur asservissement au samsara, les six sortes d'êtres se réincarnent encore et encore, dans l'un ou l'autre des six mondes du cycle des existences. Dans ce contexte, la souffrance est la base commune à tous les états; elle existe et domine tout. Faute de la reconnaître et de la comprendre, elle est subie de maintes et maintes façons.

Voici deux catégories :

Dans la première catégorie, les six types de souffrances générales du samsara sont:

l'incertitude,l'insatisfaction,l'abandon réitéré de son corps,les conceptions successives,les fluctuations répétées,le manque de compagnons véritables.

Dans la deuxième catégorie, les sept types des souffrances des humains sont:

la naissance,la vieillesse,la maladie,la mort,les frustrations nées du contact avec ce qu'on ne désire pas,la privation de ce qu'on désire,l'inassouvissement des désirs les plus ardents


Les trois entraînements supérieurs

1. L'éthique

Il existe 3 types d'éthique ou de vœux, pouvant être pris autant par les laïcs que les moines ou nonnes :

1. Les vœux de libération individuelle

2. Les vœux de boddhisatva

3. Les vœux tantriques

2. La concentration

La pratique de la concentration vise l'atteinte du calme mental.  Les 4 Nobles Vérités et les 12 liens interdépendants.

3. La sagesse

Par la méditation, la sagesse vise l'atteinte de la vision profonde intérieure.


Les quatre nobles vérités

Première Noble Vérité

L'existence de la souffrance

Reconnaissons la souffrance telle qu'elle est et méditons sur les souffrances humaines. Le Bouddha Shakyamouni par l'intermédiaire d'Asanga et de Djé Tsongkapa nous proposa la méditation sur les 7 souffrances en 5 points chacune:

La souffrance de naître:

La naissance est par nature souffrance :Venir au monde, sortir du ventre chaud et sécurisant de notre mère est douleur.On naît avec des empreintes karmiques productrices de souffrance; le corps et l'esprit manquent de souplesse : Nous ne naissons pas maître de notre esprit, mais bien sous l'emprise de notre esprit ce dernier conditionné par les karmas et les kléças*. Notre corps n'est pas plus malléable nous en connaissons vite la limite La naissance est le réceptacle de toutes les souffrances: La maladie, la vieillesse, la mort apparaissent parce qu'il y a naissance La naissance est le réceptacle des kleças : l'attachement, l'aversion, la colère, la jalousie etc.se manifestent parce qu'il y a naissance La naissance implique la séparation: Quitter son corps lors de la mort, laisser les êtres que nous chérissons ces souffrances existent parce qu'il y a eu naissance.

La souffrance de vieillir

Déclin de la beauté - l'aspect physique se dégrade Déclin de la force - se déplacer, soulever des objets devient difficile Détérioration des facultés sensorielles, perte de l'acuité (visuelle, auditive, olfactive,etc.Diminution de la capacité de jouissance - on ne peut plus festoyer comme avant Diminution de la vie elle-même - épuisement du temps jusqu'au moment de la mort.

La souffrance de la maladie

Altération physique Malaise émotionnel entraîné par l'indisposition physique Perte de jouissance (joie) inhérente à la maladie physique Privation et désagréments inhérents aux traitements Maladie peut-être porteuse de mort - quand aggravation.

La souffrance de mourir

Douleur de devoir quitter son corps Douleur de devoir abandonner ses possessions (biens, argent, maisons)Douleur de devoir quitter nos proches et amis Douleur de devoir quitter notre entourage -  collègues, voisins Douleur d'être contraint de mourir alors que l'on n'en a pas envie

La souffrance d'être séparé de ce qui est agréable

Souffrance causée par la séparation elle-même Pleurs, plaintes, lamentations Autodestruction L'obsession - toujours penser à l'autre L'état de manque - ne plus avoir accès à la satisfaction qui était reliée à la présence de ce que l'on a perdu.

La souffrance de rencontrer ce qui est désagréable

Crainte de rencontrer quelqu'un que nous n'aimons pas Souffrance reliée à la crainte qu'il ne nous fasse du tort ou du mal Peur qu'il ne nous dise des paroles désagréables Peur qu'il n'atteinte à notre vie Si nous sommes tué appréhension concernant nos futures naissances

La souffrance de ne pas obtenir l'objet désiré alors que l'on recherche

(à compléter)

Une naissance prise sans liberté, sous l'influence des karmas et des kleças entraîne inexorablement ces 7 sortes de souffrance.

Nous pouvons aussi réfléchir à la Souffrance en la catégorisant de 3 façons:

La souffrance de la souffrance : Désigne toutes les souffrances ordinaires ; maladie, vieillesse, mort,faim, froid, soif etc.La souffrance du changement : Nos goûts, nos plaisirs, ceux que nous aimons peuvent un jour nous déplaisent. La souffrance inhérente à l'existence conditionnée: Le simple fait d'exister sert de base à la souffrance qui se manifestera quand les conditions seront appropriées

Il est recommandé de méditer sur la souffrance autant avec l'une ou l'autre de ces 2 méthodes.

Les quatre attributs de la souffrance

Le premier des attributs est celui de la souffrance. Il concerne les 5 agrégats. C'est l'expression de la douleur. Mais pour le comprendre, il faut connaître la naissance de ces agrégats, le pourquoi de notre corps, de notre environnement. Si on prend une représentation du cycle des existences ( Samsara ), il y a, autour, douze cases qui représentent ce que l'on appelle les Douze Liens Interdépendants.  Le fait que le cycle des existences soit au centre signifie que ces liens interdépendants sont à l'origine du samsara et de la souffrance. Chacun vient en dépendance de l'autre.

Le deuxième attribut est celui de l'Impermanence.  Une fois que l'on a bien compris la souffrance, compris que tous les agrégats ne sont que le fruit de causes et de conditions, on peut aisément comprendre que si on "stop" les causes, les agrégats disparaissent. Donc ces agrégats sont impermanents. On retrouvera des méditations spécifiques sur cette impermanence dans la quatrième Noble Vérité. Il est important de comprendre l'impermanence, c'est la base de la compréhension du chemin. C'est la base pour obtenir la Libération.

À préciser cependant